Takudo Yamamoto ressent comme un devoir familial de transmettre un message contre la guerre. Il est le gardien d’une flamme légendaire que son père, aujourd’hui disparu, avait conservé de l’attaque nucléaire américaine contre Hiroshima.

Tatsuo Yamamoto, soldat pendant la dernière guerre, a précieusement conservé ce petit foyer né de la première bombe atomique et ce dans le plus grand secret jusqu’à ce qu’un journal local révèle son histoire insolite à la fin des années 60.
Il est mort il y a quatre ans, mais « la flamme de la bombe nucléaire » brûle toujours derrière une vitre dans un parc du village montagneux de Hoshino, à quelque 200 km de Hiroshima.
« Oui, c’est un symbole, un symbole de paix », déclare à l’AFP Takudo Yamamoto, 58 ans, un moine devenu artiste céramique, et deuxième fils de Tatsuo. « Mais ce ne serait qu’une flamme s’il n’y avait pas de message », souligne-t-il, vêtu d’un kimono bleu foncé de moine dans son atelier situé en haut du village.
« J’ai le devoir de transmettre l’esprit de mon père aux futures générations », poursuit-il. « C’est ce que notre famille doit faire. Je suis son fils. Je dois comprendre pourquoi cet homme l’a rapportée ici et l’a conservée jour après jour. »
« Il avait l’habitude de dire « puisque tout le monde est en train d’oublier (la guerre), je serai celui qui n’oubliera jamais », se souvient son fils. « La flamme est devenue publique, mais porte toujours l’esprit de mon père. »
Ce feu légendaire a donné naissance à 14 autres foyers disséminés dans des monuments en faveur de la paix à travers tout le Japon. La flamme a également fait le voyage une fois jusqu’aux Etats-Unis pour participer à une manifestation contre les armes nucléaires en 1988, lors d’une conférence de l’ONU sur le désarmement à New York.
L’attaque contre Hiroshima a tué quelque 140.000 personnes, mortes sur le coup ou succombant dans les mois suivants aux brûlures et aux radiations. Trois jours plus tard, une bombe encore plus puissante était lâchée par l’aviation américaine sur Nagasaki, plus à l’ouest, faisant 70.000 morts. Le Japon devait capituler six jours plus tard, mettant fin à la deuxième guerre mondiale.
Tatsuo, qui a souffert pendant des années des suites des radiations, est mort à l’âge de 88 ans, en prononçant ces derniers mots: « Il est temps d’arrêter cette folie de se tuer mutuellement ».
Comme chaque année, Takudo, qui donne une douzaine de conférences par an, principalement devant des enfants, va prier à Hiroshima le 6 août à 08H15, heure exacte à laquelle la bombe américaine baptisée « Little Boy » (Petit Garçon) explosait au-dessus de la ville.
« La guerre ne s’arrêtera pas simplement parce qu’une flamme a été allumée », reconnaît Takudo. « Je dois dire aux gens ce que mon père portait dans son coeur et les laisser penser par eux-mêmes. »
Source (aujourd’hui le japon)






















Ajouter un commentaire